EMPOISONNEMENT ET MUAY THAI, UNE FACE SOMBRE DE LA BOXE EN THAILANDE !

EMPOISONNEMENT ET MUAY THAI, UNE FACE SOMBRE DE LA BOXE EN THAILANDE !
by Serge TRÉFEU (2026)
En Thaïlande, les matchs de boxe sont étroitement liés au monde des parieurs. Le volume des mises atteint parfois des sommes colossales, les paris sur un seul combat peuvent représenter des dizaines, voire des centaines de millions de bahts.
Avec de tels enjeux financiers, la tricherie, matchs truqués ou dopage, est malheureusement inévitable et existe depuis longtemps dans ce milieu. Le pari a toujours fait partie intégrante du sport de compétition, mais il constitue également la principale cause des dérives.
Aujourd’hui, la facilité de communication offerte par les réseaux sociaux a encore amplifié le phénomène, rendant les paris plus accessibles et faisant exploser les montants engagés.
Pendant de nombreuses années, on estimait que près de 97 % des spectateurs assistant aux combats étaient présents avant tout pour parier…
Aujourd’hui, la situation a évolué, de grands stadiums comme le Rajadamnern et le Lumpinee interdisent désormais l’accès aux parieurs lors des combats de boxe. Cette mesure n’empêche toutefois pas les parieurs de continuer à miser à l’extérieur, sur des combats se déroulant dans ces mêmes enceintes.
Les matchs truqués ont toujours existé dans le monde de la boxe en Thaïlande. Ce phénomène traverse toutes les époques. Afin de lutter contre ce fléau, une loi thaïlandaise sur la boxe a été instaurée en 1999.
Certains parieurs sans scrupules n’hésitent pas à recourir à des pratiques extrêmement dangereuses pour assurer leurs gains, allant jusqu’à empoisonner un boxeur afin de garantir sa défaite et remporter d’importantes sommes d’argent.
L’article 61 de la loi sur la boxe de 1999 stipule que toute personne falsifiant des aliments, des médicaments ou d’autres biens de consommation dans le but de les fournir à un boxeur pour sa consommation ou son usage, lorsque cette falsification est susceptible de nuire à sa santé ou d’altérer ses capacités à combattre, encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, une amende maximale de 100 000 bahts, ou les deux.
Malgré ce cadre légal, la loi se révèle souvent impuissante face aux individus qui contrôlent le monde des paris…
L’argent peut atteindre n’importe qui, l’empoisonneur peut être une personne proche du boxeur.
Des enquêtes policières ont révélé que les auteurs de ces empoisonnements agissent sur ordre de parieurs influents de Bangkok et de ses environs. Ces derniers appartiennent à trois grands groupes exerçant une influence considérable sur le milieu des paris sportifs. Les méthodes employées varient, mais la plus courante consiste à infiltrer des individus qui se lient d’amitié avec les boxeurs et leurs entraîneurs dans les camps d’entraînement afin d’y accéder librement. Ils mélangent ensuite discrètement du poison dans les boissons ou la nourriture des boxeurs, utilisant ces actes comme moyen de pression pour manipuler les résultats des combats à venir.
Ces pratiques sont entièrement motivées par l’appât du gain. Elles ne relèvent en aucun cas d’une haine ou d’une animosité personnelle envers les boxeurs. Sans l’enjeu financier, ces individus n’iraient pas jusqu’à mettre en danger la vie d’un athlète au point de l’envoyer à l’hôpital.
Les substances utilisées sont généralement des sédatifs provoquant des vertiges, une vision trouble et un épuisement extrême. Dans certains cas, même l’eau ne suffit pas à atténuer leurs effets. Ces drogues représentent un danger majeur pour la santé des boxeurs. C’est pourquoi, aujourd’hui, dans tous les stadiums, les responsables et les entraîneurs doivent surveiller leurs boxeurs avec une vigilance constante.

Dans de nombreux cas, le combattant est hospitalisé et doit parfois attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de se rétablir complètement.
De nombreux boxeurs ainsi que des responsables de camps d’entraînement appellent les autorités à interpeller rapidement les responsables de ces empoisonnements. Ces pratiques portent gravement atteinte à la réputation de la boxe et constituent une menace majeure, susceptible d’entraîner la mort ou une invalidité permanente chez les boxeurs.
Les modes opératoires utilisés pour empoisonner les boxeurs sont multiples. Il peut arriver, par exemple, qu’un échange d’objets ait lieu directement sur la scène de boxe. Un machiniste peut laisser des objets sans surveillance en s’absentant brièvement, notamment pour se rendre aux toilettes, offrant ainsi l’occasion à des individus mal intentionnés de substituer ces objets par d’autres préalablement préparés.
Il arrive également fréquemment que des échanges de bouteilles aient lieu dans des supérettes. Certaines personnes connaissent précisément l’heure à laquelle le boxeur s’y rend et l’endroit où il achète habituellement ses boissons. Elles déposent alors quatre ou cinq bouteilles contenant des substances dopantes en rayon, en les remplaçant par d’autres bouteilles qu’elles paient à la place du boxeur. Lorsque celui-ci arrive, il choisit généralement l’une de ces boissons. Après son départ, les auteurs retournent dans la supérette pour régler les bouteilles restantes, évitant ainsi qu’un tiers ne s’en empare.
Il existe aussi, bien que plus rarement, des cas où une personne au sein même du camp d’entraînement agit comme une taupe. Il peut s’agir, par exemple, d’un entraîneur peu scrupuleux cherchant à gagner davantage d’argent, allant jusqu’à droguer de jeunes boxeurs.
Pour ces raisons, et par mesure de précaution, de nombreux camps d’entraînement apportent désormais leurs propres boissons, eau, boissons électrolytiques voire leur nourriture.
Lorsqu’ils s’approvisionnent dans des supérettes, ils privilégient différents points de vente et changent fréquemment de lieu d’achat. Acheter régulièrement dans le même magasin présente en effet un risque accru d’interversion des boissons par des individus mal intentionnés.
Les instigateurs de ces pratiques sont souvent issus du milieu des paris sur la boxe, ou d’anciens entraîneurs recrutés par des parieurs. Une fois le boxeur piégé, l’agresseur mise alors sur son adversaire.
Les substances couramment utilisées pour empoisonner les boxeurs sont principalement des diurétiques, provoquant des mictions (vidange complète de la vessie) fréquentes, ou des médicaments agissant sur le système nerveux central, entraînant des vertiges, une somnolence et une diminution de la vigilance.
Afin d’identifier avec certitude la substance en cause, une analyse sanguine est nécessaire pour en détecter la présence et en déterminer la nature.
Les signes révélateurs d’un empoisonnement chez un boxeur incluent des mictions fréquentes, des crampes, une fatigue intense et, dans certains cas, une perte de connaissance, même lorsqu’aucun organe vital n’est directement touché pendant le combat.
Il arrive que certains boxeurs vomissent, urinent de manière répétée ou perdent connaissance avant même le début du combat.
De nombreux boxeurs thaïlandais ont malheureusement été victimes de ces pratiques dangereuses au cours de leur carrière, y compris parmi les plus grands champions.
L’un des cas les plus connus reste l’affaire impliquant la star des rings Sangmanee Sor Tienpo en 2014.
Alors au sommet de sa carrière, à seulement 17 ans, Sangmanee (champion du Rajadamnern Stadium en 108 lbs, 112 lbs, 115 lbs et 135 lbs, élu Meilleur boxeur de l’année en 2012) a été transporté d’urgence à l’hôpital après s’être effondré à l’issue d’un combat perdu aux points face au redoutable Thanonchai Thor Sangtiennoi.
Le combat s’est déroulé le 1er décembre 2014 au stadium du Rajadamnern à Bangkok.
À l’issue du match, Sangmanee se trouvait dans un état de choc nécessitant une prise en charge médicale immédiate à l’hôpital Vajira. Les médecins ont rapidement détecté dans ses urines la présence d’une substance apparentée à un sédatif. Selon les spécialistes, un retard de plus de vingt minutes dans l’administration des soins aurait pu entraîner une insuffisance rénale mortelle.
Son père a témoigné qu’après le combat, son fils s’était effondré au sol, le corps raidi. Il avait fallu utiliser une cuillère pour lui ouvrir la bouche afin de l’empêcher de se mordre la langue. Sangmanee se crispait également les doigts dans les paumes de ses mains, ce qui lui avait causé des ecchymoses. Malgré les tentatives pour le réveiller en l’appelant par son nom et en lui ouvrant les yeux, il a dû être transporté d’urgence à l’hôpital.
Des analyses réalisées par le laboratoire d’anatomie pathologique de Bangkok ont révélé la présence de trois substances dans son organisme, le nordiazépam, le temazépam et l’oxazépam. Il s’agit de sédatifs et de somnifères pouvant provoquer une fatigue intense et une perte de conscience, et qui, à fortes doses, peuvent s’avérer mortels.
La même année, en 2014, plusieurs autres cas d’empoisonnement impliquant des champions ont également été signalés.
Le 20 avril, lors du gala Asawin Dam au stadium de boxe Imperial Ladprao, le boxeur Khiewpailin Sor Kittichai a été drogué et s’est effondré, inconscient, en plein combat face à Singphayak Sitraweenoi.
Son équipe a immédiatement tenté de le ranimer alors qu’il se trouvait encore inconscient.
Le 21 juin, lors du gala de Muay Thai Lumpinee TGN au stadium du Lumpinee, le champion Krataikhao Sit Udomchai a lui aussi été empoisonné avant son combat. Le jeune boxeur s’est écroulé en plein affrontement sous les yeux du public.
Et le 17 juillet, au stadium du Rajadamnern, lors du gala organisé par Tor Chaiwat et Sor Jor Wichitpaedriew Promotion, deux grandes stars des rings ont à leur tour été victimes d’empoisonnement, Seksan Or Kwanmuang (champion du Rajadamnern en 135 lbs, champion d’Omnoi en 140 lbs, champion TV7 en 122 lbs, champion du monde WBC et IBF, élu Meilleur boxeur de l’année en 2015) et Phet-Uthong Or Kwanmuang (champion du Rajadamnern en 135 lbs, élu Meilleur boxeur de l’année en 2016).
Les combats prévus devaient opposer Seksan Or Kwanmuang à Superbank Mor Rattanabundit, et Phet-Uthong Or Kwanmuang à Phetthawee Sor Kittichai. Cependant, au cours de la soirée, Seksan et Phet-Uthong, visiblement épuisés, se sont révélés incapables de combattre. Ils ont alors subi des examens médicaux avant de remonter sur le ring du Rajadamnern afin de présenter leurs excuses au public.
Lors d’une interview accordée à la presse après l’annonce de l’annulation des combats, un incident inattendu s’est produit, Phet-Uthong s’est soudainement effondré, obligeant son équipe et ses proches à le transporter à l’intérieur pour lui prodiguer les premiers soins, avant de l’évacuer d’urgence vers l’hôpital.
Le responsable du camp de Seksan et de Phet-Uthong, le promoteur Sor Sommai, s’est dit totalement incrédule face à un tel incident, affirmant que toutes les précautions nécessaires avaient été prises. Les boissons énergisantes destinées aux boxeurs étaient conservées dans des conteneurs verrouillés, et il déclarait ignorer à quel moment et dans quelles circonstances l’empoisonnement avait pu se produire.
En temps normal, le staff du camp prépare minutieusement les boissons des athlètes et applique des mesures strictes afin d’éviter toute falsification. Avant le combat, les deux boxeurs s’étaient entraînés au camp Sor Jor Wichitpaedriew, dans la province de Chachoengsao, puis s’étaient rendus à Bangkok tôt le mercredi matin pour la pesée, le jour même de l’événement.
Les boissons énergisantes avaient été achetées à Chachoengsao et soigneusement emballées dans des boîtes verrouillées afin de prévenir tout risque. Malgré cela, l’origine exacte des substances ingérées par les deux boxeurs demeure inconnue, leurs symptômes ayant nécessité une hospitalisation immédiate. À la suite de cet incident, un responsable a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie portant sur l’ensemble de l’équipe.
Evanouissement en direct de Phet-Uthong à la conférence de presse au Radja Stadium :
https://www.youtube.com/watch?v=Sp6EHLgS0ic&list=PLhDQDkbJ5_Gnh3sNwX2vTBWLY7S1eP9Xh
D’autres grandes figures des rings ont également été victimes de cette sinistre pratique, notamment le grand champion Kem Sitsongpeenong (champion du Rajadamnern en 130 lbs, champion de Thaïlande en 122 lbs et en 154 lbs, champion du monde WMC, WBC et MTA, champion du tournoi Thai Fight) ainsi que la boxeuse transgenre emblématique Nong Rose Banjaroensuk (championne du stadium ThairathTV).
Alors qu’il évoluait au sein du camp Sor Ploenchit, celui qui l’a formé, Kem Sitsongpeenong a été victime d’un empoisonnement lors d’un combat où il faisait figure de grand favori.
Après avoir bu une simple gorgée d’eau dans un verre qui lui avait été offert par une personne proche de l’organisateur de la soirée, il a entamé le combat en ressentant rapidement que quelque chose n’allait pas. Dès le troisième round, il était totalement privé de forces et a dû abandonner le match.
À l’issue du combat, Kem a été transporté à l’hôpital, où les analyses ont révélé la présence d’une substance appelée « yaagomphasat », un puissant sédatif. La personne qui lui avait remis le verre d’eau avait disparu avant même la fin du combat et n’a jamais été retrouvée…
Quant à Nong Rose Banjaroensuk, elle a été victime d’un empoisonnement lors d’un combat où elle était donnée grande favorite, dans la province de Nakhon Ratchasima. C’est son chauffeur, qui la conduisait au stadium régional, qui lui a offert une boisson juste avant son arrivée.
Sans se méfier, elle a bu cette boisson. Les effets du poison se sont manifestés dès le deuxième round, au troisième round, elle ne pouvait plus lever les jambes et, complètement épuisée, a perdu le match par KO technique.
Transportée immédiatement à l’hôpital, les analyses ont confirmé qu’elle avait été droguée. Le chauffeur a été retrouvé quelques temps plus tard et sévèrement puni !
Malheureusement, ce type de pratiques reste courant de nos jours en Thaïlande.
En juin 2025, le champion Nungubon Teedet 99 a dû se retirer d’un combat pour le titre vacant de champion du stadium Omnoi en 135 lbs, face à Buakheaw Phuket Fight Club, un match prévu au stadium d’Omnoi.
Nungubon présentait des symptômes typiques d’empoisonnement, il urinait près de vingt fois et était épuisé, ce qui l’a contraint à abandonner avant le combat. Son camarade de camp, Saengthienjiw Teedet 99, l’a remplacé et a finalement remporté le titre.
Le 9 mars 2025, au stadium d’Omnoi, Songchat Si-Opal a remporté son combat contre Sarunbong Sor Songtham par TKO au 4ᵉ round, après une série de coups de poing et de pied aux jambes qui ont mis son adversaire hors de combat.
Sarunbong, complètement épuisé dès le troisième round, a été sévèrement mis KO. Il a été transporté à l’hôpital peu après le combat, et son équipe a affirmé qu’il avait été drogué…

Toujours en 2025, le jeune Charoenyong Boonlanam du Muay Thai Gym a été victime d’un empoisonnement avant son combat. Les rapports indiquent qu’il a présenté des symptômes inhabituels, notamment des envies fréquentes d’uriner et une fatigue extrême, même après un effort minimal. Le combat s’est soldé par une défaite par KO au deuxième round.
Namsuk, l’un des entraîneurs, a également été hospitalisé en même temps que lui après avoir montré des signes de désorientation et d’épuisement intense. Il aurait vraisemblablement ingéré de l’eau contaminée. Les deux ont reçu des soins à l’hôpital.

De grandes stars des rings ont témoigné de ce phénomène dangereux, confirmant que le risque d’empoisonnement est bien réel dans le monde de la boxe thaïlandaise.
La star Jaroenthong Kiatbanchong raconte : « J’ai eu de la chance de n’avoir jamais été confronté à ce genre de situation, car la plupart du temps nous mangeons au camp, et il est strictement interdit aux jeunes boxeurs de manger près du ring. Même l’eau est proscrite. Toute la nourriture est apportée de la maison ou préparée au camp, par crainte d’un empoisonnement.
Après un combat, nous allons manger dans un restaurant à l’extérieur. Aujourd’hui encore, la règle reste la même : aucun boxeur n’ose consommer quoi que ce soit devant le ring. »
Samart Payakaroon l’icône du Muay Thai dit : « Ceux qui droguent leurs adversaires n’ont aucune conscience. À mon époque, il y avait peu de cas de dopage, seulement des combats truqués.
Aujourd’hui, engager quelqu’un pour truquer un combat est devenu trop coûteux, alors certains se tournent vers cette méthode. L’échange de bouteilles de boissons énergisantes dans les supérettes se fait souvent de manière aléatoire et ne vise pas toujours un boxeur précis.
Mon camp fournit sa propre nourriture, son eau et ses boissons énergisantes, ou nous faisons manger nos boxeurs dans des restaurants éloignés. Nous interdisons formellement à nos boxeurs de consommer quoi que ce soit près du ring. Quant aux entraîneurs, je vérifie toujours leur passé et leur intégrité. Si je détecte un risque de tricherie ou de violence, nous refusons leur poste. »
Les combattants étrangers ne sont pas épargnés par ce cruel phénomène. Deux jeunes prodiges en ont été victimes, le Français Sandro Bosi (champion TV7 en 105 lbs, premier étranger de l’histoire à remporter ce titre) et le Slovaque Joseph Molnar (220 combats professionnels en Thaïlande).
Sandro Bosi, alias Alex Singmawinn, raconte : « C’était un combat au stadium du Rajadamnern contre le Thaïlandais M16 Banramba.
J’ai perdu aux points, épuisé, car j’avais été drogué. Durant le match, je n’avais plus de force, plus d’énergie, j’étais extrêmement fatigué. Après le combat, les officiels m’ont demandé de passer un test de dépistage et ont détecté dans mon sang une substance néfaste.
Cela arrive parfois en Thaïlande, pour ma part, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois, et on n’a jamais découvert qui en était responsable. Depuis, nous faisons très attention, un entraîneur de confiance surveille toujours la glacière avec les bouteilles d’eau durant mon combat, s’asseyant dessus pour empêcher toute manipulation. »
Joseph Molnar, alias Joseph Jitmuangnon, dit : « Ils m’ont empoisonné à cause des gros paris placés sur moi. J’avais 9 ans à l’époque. Depuis, il est indispensable de vérifier que rien ne soit ajouté à mon eau ni à ma nourriture, car mes combats attirent énormément de parieurs. »
Sources : Thairath Sport, Sanook.com, Vice.com, Interview siamfightmag.com

