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LES ROIS DES RINGS THAILANDAIS SANS COURONNES

Temps de lecture : 16 minutes

LES ROIS DES RINGS THAILANDAIS SANS COURONNES

by Serge TRÉFEU (2026)

Depuis les années 1970 jusqu’au début des années 2010, en Thaïlande, le Graal ultime pour tout champion de muay thaï consistait à remporter une ceinture dans l’un des plus prestigieux stadiums de Bangkok, le Lumpinee Boxing Stadium ou le Rajadamnern Stadium. Dans une moindre mesure, les ceintures du Channel 7 Stadium et du Omnoi Stadium représentaient également une consécration.

Devenir champion du Lumpinee ou du « Radja » (surnom familier du Rajadamnern) revenait à être sacré champion du monde, le meilleur combattant de muay thaï de sa catégorie. C’était la référence absolue, l’aboutissement d’une carrière.

Aujourd’hui, le muay thaï a profondément évolué en Thaïlande, et les deux plus grands stadiums de Bangkok ne jouissent plus de l’aura exceptionnelle qui fut la leur pendant plus de quarante ans.

La période du Covid a profondément bouleversé le milieu du muay thaï. Elle a notamment provoqué une ouverture sans précédent d’un univers historiquement très fermé en Thaïlande, permettant à de nombreux combattants étrangers d’accéder aux grandes scènes nationales.

Dans le même temps, l’organisation ONE Championship s’est imposée comme la référence médiatique incontournable, captant l’attention du grand public et redéfinissant les critères de reconnaissance. Aujourd’hui, pour beaucoup, les véritables champions de Thaïlande sont avant tout ceux qui ont remporté une ceinture du ONE.

Les puristes, quant à eux, demeurent attachés aux titres traditionnels des grands stadiums, notamment ceux du Rajadamnern Stadium, du Channel 7 Stadium et du Omnoi Stadium.

Il est d’ailleurs regrettable qu’aucune ceinture du mythique Lumpinee Boxing Stadium ne soit plus mise en jeu aujourd’hui, alors qu’elle représentait, à son apogée, la distinction la plus prestigieuse du muay thaï.

Toutefois, les ceintures du Rajadamnern Stadium et du Channel 7 Stadium demeurent extrêmement cotées auprès des passionnés de muay thaï, et plus encore dans le monde très influent des parieurs.

Être champion du Lumpinee Boxing Stadium ou du Radja constitue assurément une référence majeure. Néanmoins, cela ne signifie pas nécessairement être le meilleur des meilleurs.

L’histoire du muay thaï regorge de combattants exceptionnels qui ont dominé leur catégorie durant les années fastes des stadiums de Bangkok, particulièrement dans les années 1970, 1980 et 1990, sans jamais parvenir à décrocher l’un de ces titres mythiques.

Ils régnaient sur leur division, impressionnaient les connaisseurs et faisaient vibrer les foules… sans pour autant être couronnés. De véritables rois du ring sans couronne…

Ils sont nombreux, mais parmi les plus emblématiques, on peut citer :

Années 1970 : Huasai Sittiboonlert, Posai Sittiboonlert, Neth Saknarong

Années 1980 : Krongsak Sakkasem, Changpuek Kiatsongrit, Youssop Sor Thanikul

Âge d’or des années 1990 : Nuathoranee Thongraja, Pongsiri Por Ruamruedee, Somrak Khamsing, Silachai Vor Preecha, Singdam Or Ukrit, Rambo Jiew Por Thapthim

Leur héritage dépasse parfois celui de certains champions titrés. Car dans le muay thaï traditionnel, la valeur d’un combattant ne se mesure pas uniquement à une ceinture, mais aussi à la qualité de ses oppositions, à sa domination réelle et à l’empreinte qu’il laisse dans la mémoire des connaisseurs.

Années 70 :

Huasai Sittiboonlert, de son nom de naissance Suracheep Rakthong, voit le jour le 15 juin 1948 à Huasai, dans la province du sud de Nakhon Ratchasima.

Dès l’âge de 15 ans, il s’initie au muay thaï sous la direction de Jaresak Kor Pholyuth. Après une période d’entraînement relativement courte, il effectue ses débuts sur le ring dans sa ville natale, combattant sous le nom de Sathansamut Singhamanee. Il y dispute plus d’une dizaine de combats, posant ainsi les bases de sa carrière.

Il est ensuite repéré par Nakhon Kongchuen, qui l’intègre à son écurie et l’emmène combattre à Bangkok. À cette occasion, il change de nom et devient Hua Sai Singh Muang Nakhon. Plus tard, Nakhon le confie au camp « Jom Sai Krok » de Boonkiat Wiboonlap, marquant un nouveau tournant dans sa carrière. Il adopte alors définitivement le nom de Hua Sai Sitthiboonlert.

Combattant talentueux et polyvalent, Huasai se distingue d’abord par l’efficacité de ses coups de pied et de genou. Avec le temps, il affine sa boxe et développe une puissance de frappe redoutable, devenant un puncheur craint qui remporte de nombreuses victoires par KO. Son coup de poing droit, d’une violence exceptionnelle, lui vaut le surnom de « The Hammer Punch » (« le coup de poing marteau »).

Dans les années 1970, il s’impose comme l’un des meilleurs boxeurs poids lourds légers de sa génération. Il signe notamment des victoires marquantes face à des adversaires de renom tels que la légende Apidej Sitthirun, qu’il met KO, et la star Vicharnoi Porntawee.

Huasai est longtemps classé numéro un dans la catégorie des 140 livres au Lumpinee Stadium et au Rajadamnern Stadium, bien qu’il ne parvienne jamais à décrocher officiellement une ceinture dans ces prestigieux rings de Bangkok.

Il tente par la suite une brève reconversion en boxe anglaise, sans succès notable, se contentant de victoires face à des adversaires de faible niveau. Il obtient néanmoins l’opportunité de disputer le titre mondial des super-légers (63,5 kg) contre le boxeur philippin Pedro Adigue, mais s’incline lors de ce combat.

Après avoir mis un terme à sa carrière sportive, Huasai travaille pendant de nombreuses années comme figurant dans le cinéma thaïlandais, à l’époque de son âge d’or. Il occupe également, durant un temps, le poste d’entraîneur principal du célèbre camp de boxe Kiatbanchong, à Bangkok.

Finalement, il s’éloigne du monde de la boxe et retourne dans sa ville natale de Huai Sai. Il y entame une nouvelle vie professionnelle en tant qu’agent immobilier, tout en gérant plusieurs hectares d’élevages de crevettes.

Issu du même camp que Huasaï, Posaï Sittiboonlert, de son nom civil Prayong Makkhong, est né le 12 février 1956 à Taklee, dans la province de Nakhon Sawan.

Combattant de pur style Muay Khao, Posaï se distingue par l’extrême puissance et l’efficacité de ses coups de genou. Ce style, redouté sur les rings, lui vaut le surnom de « Electric Pole Knee Striker » (« le frappeur de genoux du poteau électrique »).

Véritable terreur de sa génération, Posaï domine durablement la catégorie des 135 livres au Lumpinee Stadium, sans toutefois parvenir à y décrocher officiellement la ceinture.

Le vendredi 14 mai 1976, au Lumpinee, il affronte le grand champion Wichit Lukbangplasroi, alors détenteur du titre du stadium. Favori avant le combat, Wichit subit dès les premiers rounds un véritable déluge de coups de pied et de genou infligés par Posaï, sous les huées d’un public partagé. L’arbitre met fin au combat dans le dernier round, invoquant un supposé « défaut de fair-play ». Le match est déclaré comme une sorte de « no contest », une décision aussi controversée qu’injuste pour Posaï, qui voit le titre lui échapper…

Lors du match revanche, Posaï parvient à battre Wichit, mais cette fois sans que la ceinture du Lumpinee ne soit mise en jeu.

Il obtient ensuite une seconde chance de conquérir un titre majeur. Le jeudi 15 juillet 1976, au Rajadamnern Stadium, il affronte la légende surnommée « The Immortal Boxer », Vichannoi Porntavee, champion en titre des 140 livres. Face à cet immense champion, Posaï livre une prestation courageuse mais s’incline finalement aux points.

Tout au long de sa carrière, Posaï signe de nombreuses victoires de prestige face à des figures marquantes de l’époque, telles que Poot Lorlek, Sakad Petchyindee, Somsak Sor Tewasunthorn, Poomsiri Rungrit, Khaosod Sitpraprom, Seksan Sor Theppitak et Neth Saknarong. Il inflige également un KO retentissant au grand champion néerlandais de kick-boxing Ron Kuyt.

En 1977, il réalise un exploit resté célèbre en affrontant successivement, au cours d’un même combat, deux adversaires de très haut niveau, d’abord la star du Rajadamnern Jocky Sitkanpai, puis le champion Jitti Muang Khon Kaen. Posaï remporte ce combat marathon aux points.

La même année, au Lumpinee Stadium, il affronte tour à tour trois combattants japonais dans un seul et même match. Après avoir largement dominé Futoshi durant deux rounds, il met KO Asano au troisième round, puis Kentosa au quatrième, concluant une performance exceptionnelle.

L’excellence et la constance de ses performances lui valent d’être élu « Meilleur boxeur de l’année » en 1976, une distinction parmi les plus prestigieuses du muay thaï.

Après avoir mis un terme à sa carrière de combattant, Posaï poursuit son engagement dans le monde de la boxe en devenant entraîneur, transmettant son savoir et son expérience dans plusieurs camps de muay thaïlandais.

Neth Saknarong, de son vrai nom Viraneth Nakainn, est né le 6 novembre 1955 à Phang Khon, dans la région de Sakon Nakhon, en Thaïlande.

Il était surnommé par les fans de Muay Thai « Daodan Phang Khon » (L’Étoile de Phang Khon).

Neth Saknarong est l’un des rares boxeurs à avoir battu plusieurs légendes des rings, parmi lesquelles Pud Pad Noy Worawut (champion du Lumpinee, élu Meilleur Boxeur de l’année en 1975, reconnu comme l’un des dix meilleurs combattants de tous les temps, et intronisé au Hall of Fame « Trophée des légendes » en 2014), Poot Lorlek (champion du Lumpinee, Meilleur Boxeur de l’année 1974, Hall of Fame 2014), Wicharnoï Porntawee (champion du Lumpinee, Meilleur Boxeur de l’année 1977, Hall of Fame 2014) ainsi que Posaï Sitiboonlert (Meilleur Boxeur de l’année 1976).

Il a également remporté une victoire par KO contre le grand champion de Full Contact et de Karaté Earnest Heart, aux États-Unis, à Los Angeles, en 1977.

Bien qu’il n’ait jamais conquis de ceinture majeure, Neth Saknarong a occupé la première place dans les deux plus grands stadiums de Bangkok, le Lumpinee et le Rajadamnern, pendant plusieurs années.

Après sa carrière, Master Neth arrive en France en 1988 pour combattre lors d’un gala organisé par le chanteur Jean-Luc Lahaye. À cette occasion, il bat par KO le champion d’Europe Mustapha Benatia.

Il s’installe ensuite définitivement en France et fonde en 1995 son propre club, le Neth Gym, à Val-de-Reuil, en Normandie, où il enseigne encore aujourd’hui.

Master Neth est père d’une fille née en France, aujourd’hui âgée de 16 ans. Il est devenu un entraîneur très respecté, ayant formé plusieurs champions, dont le remarquable technicien Karim Saada (champion d’Europe, six fois champion de France et double champion du monde amateur). Ce dernier a battu de grandes figures de la discipline telles que Fabio Pinca, Youcef Totof, Mustapha Ziani et le légendaire Rajasak Sor Vorapin, triple champion du Rajadamnern.

Il a également formé le combattant mi-lourd Stéphane Gomis, double champion de France et médaillé d’argent aux championnats du monde amateurs WMF 2007, et préparé le grand champion Fabrice Payen pour ses combats au stadium du Rajadamnern dans les années 1990.

Années 80 :

Krongsak Sakacem, de son vrai nom Prakong Boranrat, est né le 11 septembre 1963 dans le village de Tha Sala, près de la ville de Nhongrua, dans la province de Khon Kaen, au nord-est de la Thaïlande.

Les fans de Muay Thai en Thaïlande l’avaient surnommé « Nakrop Wat » (Le Guerrier du Temple), en raison de son apprentissage de la boxe au sein d’un temple bouddhiste. Il fut également appelé « Young Fighter from Nhongrua » (Le jeune combattant de Nhongrua).

Plus tard, lorsqu’il combattit en Europe, il reçut le surnom de « Le Professeur », en hommage à sa maîtrise technique exceptionnelle de l’art du Muay Thai.

Krongsak est une véritable légende des rings. Il a disputé près de 300 combats et a été six fois champion du monde de boxe thaïlandaise, puis trois fois champion du monde de kick-boxing lors de sa seconde carrière en Europe.

En Thaïlande, il n’a toutefois jamais remporté la ceinture d’un grand stadium de Bangkok, bien qu’il ait été, pendant un temps, numéro un des deux plus grands stadiums de la capitale.

Le mardi 22 juillet 1980, au stadium du Lumpinee, Krongsak disputa un combat pour le titre en 122 lbs face au tenant du titre, le grand champion Lom Isaan Sor Thanikul (champion du Lumpinee en 122 lbs et du Rajadamnern en 126 lbs). Ce dernier s’imposa par KO au quatrième round, grâce à un high kick porté à la nuque.

Lom Isaan était surnommé « Left Kicker from North East » (Le coup de pied gauche du Nord-Est), tant son high kick du pied gauche était foudroyant. Il avait battu de nombreux grands champions tels que Fanta Petchmuangtrat (KO), Wanphadet Sakhroumay (trois fois), Nokweed Dawee (trois fois) et Jack Kiatniwat. À l’époque, Lom Isaan avait 24 ans et possédait bien plus d’expérience du ring que le jeune Krongsak, alors âgé de 16 ans.

Le mardi 3 novembre 1981, toujours au stadium du Lumpinee, Krongsak affronta le redoutable puncheur Raengsak Petchyindee (Porntawee). Surnommé « Manut Hin » (L’Homme de pierre), Raengsak était un frappeur féroce. Âgé de 25 ans, il était alors champion du Lumpinee en 130 lbs et remit sa ceinture en jeu face à Krongsak, qui n’avait que 17 ans. Raengsak mit Krongsak KO dès le premier round.

Krongsak n’eut véritablement pas de chance lors de ses deux tentatives pour décrocher le titre du mythique stadium du Lumpinee, s’inclinant à chaque fois par KO. Il n’eut ainsi jamais l’opportunité de remporter une ceinture d’un grand stadium de Bangkok, malgré le fait qu’il ait battu de nombreux champions de son époque, souvent détenteurs des titres du Lumpinee ou du Rajadamnern.

Il battit notamment trois fois le légendaire Sagat Petchyindee (champion du Lumpinee et du Rajadamnern), ainsi que trois fois Samart Prasarnmit (champion du Rajadamnern), dont une victoire par KO. Il s’imposa également face aux légendes Jitti Kiatsuriya (Meilleur boxeur de l’année 1977) et Padetsuk Pisanurachan (Meilleur boxeur de l’année 1979), ainsi que face aux champions Rakchat Sor Prasaporn (Champion du Radja), Raktae Muangsurin (Champion du Radja), Inseenoi Sor Thanikul (Champion du Radja), Jomtrai Petchyindee (Champion du Radja), Fanta Attapong (Champion du Radja), Somsong Kiatoranee (Champion du Radja), Changpuek Kiatsongrit (champion du monde), Mapralong Sit Por Tor Thor (champions du Lumpinee) et Kaopong Sitichuchai (champions du Lumpinee).

Krongsak livra également deux combats mémorables face à la star de l’époque, Dieselnoi Haa Phalang. Lors de leur premier affrontement au stadium du Rajadamnern, les juges accordèrent un match nul, alors que la majorité du public voyait Krongsak vainqueur, provoquant la colère des parieurs, au bord de l’émeute. Lors de la revanche au stadium du Lumpinee, Dieselnoi s’imposa aux points après avoir ouvert le visage de Krongsak avec un coup de coude.

Krongsak entama ensuite une seconde carrière en Europe, où il ne fut jamais battu. Il y vainquit notamment la star hollandaise Rob Kaman en France, malgré un désavantage de 9 kilos, ainsi que de grands champions étrangers tels que Rick Varthorst, Orlando Wiet, Ivan Hyppolite, Stéphane Nikiéma, Guillaume Kerner, André Panza et Pascal Scalp.

Devenu entraîneur en France, il transmet depuis plus de 30 ans son immense savoir à ses élèves.

Le phénoménal Changpuek Kiatsongrit, de son vrai nom Somchai Robpantha, est né en 1966 dans le district de Prakhon Chai, dans la province de Buriram, en Thaïlande.

Il a été surnommé « Elephant Power Fighter » (Le combattant à la puissance d’éléphant), en raison de sa force physique impressionnante et de sa ténacité hors du commun.

Changpuek a marqué l’histoire du Muay Thai en devenant le premier boxeur thaïlandais à combattre sous le format K-1 lors d’un tournoi de poids lourds au Japon, malgré un poids de seulement 75 kg. Ce défi face à de véritables mastodontes du kick-boxing a mis en lumière son courage et ses performances exceptionnelles.

Il débute la boxe à l’âge de 14 ans après avoir rejoint le camp Kiatsongrit à Bangkok. Il combat d’abord dans la catégorie des 108 livres au stadium du Rajadamnern, avant d’accéder à la division senior, où il évolue rapidement chez les poids lourds thaïlandais (–75 kg).

En Thaïlande, Changpuek Kiatsongrit affronte et bat les meilleurs combattants de son époque, parmi lesquels Payap Premchai (KO), Den Muangsurin, Songwanlek Kietpetch (KO), Samart Prasarnmit, Krongsak Boranrat et Raktae Muangsurin.

Malgré ces victoires prestigieuses, il n’a jamais eu l’opportunité de combattre pour une ceinture d’un grand stadium de Bangkok.

Son style de combat, caractérisé par des low kicks dévastateurs et une capacité d’encaissement exceptionnelle, lui permet de se démarquer et de s’exporter à l’international pour affronter des combattants de renom.

Changpuek combat ainsi dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis (Las Vegas), au Japon, en Australie, aux Pays-Bas et en France. Il y remporte des victoires marquantes contre plusieurs grandes figures internationales, renforçant sa réputation mondiale. Parmi ses succès les plus notables figurent des victoires face à Rob Kaman, Rick Roufus, Stéphane Nikiéma, Orlando Wiet, Tasis Pedritis, Luc Verheyen, Dale Cook et Peter Smit.

Véritable légende du Muay Thai, Changpuek Kiatsongrit a remporté de nombreux titres mondiaux prestigieux au cours de sa carrière. Il a notamment été champion du monde des poids lourds WMK, champion du monde des poids lourds légers IMF, UKF et IMTF, ainsi que champion du monde des mi-lourds WMTC, et a disputé près de 500 combats.

Après avoir raccroché les gants, Changpuek a travaillé comme entraîneur de Muay Thai dans plusieurs camps de boxe à Pattaya.

Aujourd’hui, il est revenu là où tout a commencé, au Kiatsongrit Gym, où il occupe le rôle d’entraîneur en chef, continuant d’inspirer et de former la nouvelle génération de combattants.

Youssop Sor Thanikul débute la boxe en 1971, à l’âge de 13 ans, dans le camp du père de l’ancien président de la fédération WPMF, à Bangkok. Il combattra ensuite presque toute sa carrière pour le Sor Thanikul Gym, l’un des camps de boxe les plus prestigieux de l’histoire du Muay Thai en Thaïlande.

En Thaïlande, Youssop dispute 185 combats, pour 120 victoires, 58 défaites et 7 matchs nuls. Il évolue principalement dans la catégorie des 61,5 kg, qui était, dans les années 1980, la catégorie la plus relevée du circuit.

À cette époque, affronter les stars de cette division permettait de toucher de très grosses bourses.

Youssop combat à deux reprises pour la ceinture du Rajadamnern en –61,5 kg, sans toutefois parvenir à décrocher le titre suprême. Il décide alors de monter de catégorie pour affronter les champions en –63,5 kg. Dans cette catégorie des légers, Youssop ne perd aucun combat, devenant un véritable épouvantail des rings, craint par de nombreux boxeurs.

Pendant quatre ans, Youssop est classé numéro un dans les deux plus grands stadiums de la capitale, le Lumpinee et le Rajadamnern. Il n’a malheureusement pas l’opportunité de combattre pour une ceinture du Lumpinee ou du Rajadamnern en –63,5 kg, mais il parvient tout de même à décrocher la ceinture de champion du monde WPMF dans cette catégorie.

Youssop bat de nombreux champions de renom, tels que Samart Prasarnmit (champion du Rajadamnern), Nakhornsavan (champion du Rajadamnern), Rakhchat (champion du Rajadamnern et du Lumpinee), Prayap (champion du Lumpinee), Wankeo (champion du Lumpinee), Seepreh (champion du Rajadamnern) et Tawalorh (champion du Rajadamnern).

En Thaïlande, Youssop terrasse également Somsong, la terreur des boxeurs français des années 1980. Il prend le « Bûcheron » à son propre jeu et le met KO au troisième round, grâce à des séries de low kicks dévastatrices.

L’une de ses plus belles performances reste sa victoire contre le légendaire Jocky Sitkanpai (champion du Rajadamnern) en 1980. Ce combat se déroule au stadium du Lumpinee, à guichets fermés, le même jour que le combat vedette opposant Dieselnoi Chor Thanasukarn à Wicharnoï Porntawee. Le stadium est bondé et, faute de places, des spectateurs doivent s’asseoir par terre. Ce fut la seule fois dans l’histoire du Muay Thai que des spectateurs se retrouvèrent assis au sol au stadium du Lumpinee. Lors de cet événement, Youssop remporte la Coupe du Premier Ministre pour le combat le plus violent de la soirée.

L’année 1980 est la plus faste de sa carrière. Après avoir battu plusieurs grands champions, les autorités sportives thaïlandaises le classent parmi le Top 10 des meilleurs boxeurs de la décennie, où il occupe la cinquième place.

Youssop arrive en France en 1987 pour entamer une seconde carrière en Europe. Malgré une carrière exceptionnelle en Thaïlande, il n’est alors plus le redoutable combattant de sa grande époque. Il n’est pas au sommet de sa forme et traîne une grave blessure, une fracture du tibia. Malgré cela, il affronte et bat plusieurs grands champions européens.

En Europe, Youssop dispute sept combats, deux aux Pays-Bas et cinq en France, avant de devenir l’un des entraîneurs les plus réputés de l’Hexagone. Pour ses combats en France, il ne s’entraîne pas sérieusement, car il travaille de nuit toute la semaine.

Malgré ces conditions difficiles, il bat Fabrice Payen (champion du monde et champion d’Europe), Mustapha Benattia (champion d’Europe) et Bruno Benlabed (champion d’Europe). Il s’incline aux points face au champion d’Europe Pascal Scalp. Son dernier combat a lieu en 1989 face au jeune champion montant de l’époque, Stéphane Nikiéma (champion du monde et champion d’Europe), qui le bat par KO.

Youssop s’installe définitivement en France. En 1990, il épouse une Française, et de cette union naît, en 1991, un garçon prénommé Anthony. Youssop avait déjà eu deux enfants en Thaïlande, issus d’un premier mariage.

Pendant 30 ans, Master Youssop transmet son immense savoir. Excellent entraîneur, ses précieux conseils sont toujours écoutés avec attention par les boxeurs, jusque dans leur coin pendant les combats. Les champions du célèbre club Phénix Muay Thai, Farid Villaume, Karim Saada, Djamel Yacouben, Pascal Benmati, Mamadou Diabira, Franck Nadje, Madgid Temar, les frères Defretin, Desty Beaubrun, Karl Dubus, Laetitia Bakissy, Samy Sana, Vatsana Sedone et Sidy Koné, sont tous passés aux paos avec ce perfectionniste du Muay Thai.

Années 90 :

Nuathoranee Thongraja est né le 25 octobre 1971 à Ban Phaï, dans la province de Khon Kaen, au nord-est de la Thaïlande.

Formé au Wor Thaweekiat Gym, puis chez M. Thongraja, Nuathoranee a également combattu pour Master Yodtong, le propriétaire du Sityodtong. Il a disputé de nombreux combats d’une extrême violence. Véritable rouleau compresseur, il maîtrisait parfaitement les techniques de coups de coude.

Il terminait souvent ses combats avec des ouvertures au visage, aussi bien pour lui que pour ses adversaires. Ce fut notamment le cas lors de son affrontement contre Matee Jedipitak au stadium du Rajadamnern en 1994, où les deux combattants finirent le visage ensanglanté (victoire de Matee Jedipitak).

Son combat contre le solide Den Muangsurin en 1993 fut également un match très sanglant, remporté par Nuathoranee par arrêt de l’arbitre.

Nuathoranee était surnommé par les fans de Muay Thai « Ay Ret Dong » (Le rhinocéros puissant).

Il fut à plusieurs reprises numéro un du stadium du Lumpinee, sans toutefois jamais réussir à remporter la ceinture d’un grand stadium de Bangkok. Il combattit notamment pour le titre du Lumpinee en 130 lbs face à la star Namkabuan Nong Kee Pahuyuth, qui s’imposa aux points.

Malgré cela, Nuathoranee a battu pratiquement tous les meilleurs champions de sa génération, parmi lesquels Sangtiennoi Sor Rungroj, Den Muangsurin (TKO), Ritthichai Lookchaomaesaitong, Pomphet Naratreekul, Pairoj Wor Wirapon (KO), Jongsanan Fairtex, Ankaradech Por Pao In, Rajasak Sor Worapin, Chodchoy Chuchokchay, Pomphet Naratrikul, Wangchanoi Sor Palangchaï et Jaroenthong Kiatbanchong.

Après sa carrière de combattant, Nuathoranee est parti entraîner dans un club au Japon.

Pongsiri Por Ruamruedee, de son vrai nom Phayboun Ladnongkhi, est né en 1967 à Thaleang, dans la province de Nakhon Ratchasima, au nord-est de la Thaïlande.

Il a été formé au camp Charoenmuang, situé à l’origine sur Charoen Muang Road à Bangkok. Ce camp a changé plusieurs fois d’adresse avant de s’installer définitivement au Soi Ruamruedee, près du stadium du Lumpinee. Le Charoenmuang Gym comptait dans ses rangs de grands champions tels que Saknoi Charoenmuang (champion du Rajadamnern), Weeranoi Charoenmuang, Sompong Charoenmuang, Thongbai Charoenmuang et Choochai « Rambong » Kiatchartsingh.

Pongsiri était surnommé « Rambo » en raison de son style de boxe extrêmement agressif, comparable à celui d’un soldat mercenaire prenant d’assaut le ring. Véritable rouleau compresseur, c’était un tank avançant sans cesse sur ses adversaires.

« Rambo » était une véritable terreur dans les catégories des 112 lbs et 115 lbs. De nombreux combattants le craignaient. Il montait sur le ring avec un drapeau de pirate afin d’intimider ses adversaires, un drapeau noir orné d’une tête de mort blanche, symbole qu’il arborait également sur son peignoir et son short.

Pongsiri Por Ruamruedee n’a jamais remporté de ceinture des grands stadiums de Bangkok, mais il a été longtemps numéro un du Lumpinee, affrontant tous les ténors de sa catégorie.

Son adversaire le plus redoutable fut Pairojnoi Sor Siamchay. Leurs affrontements ont toujours donné lieu à des combats d’anthologie. Ces deux « Muay Bouk » (combattants qui avancent constamment) se sont affrontés à trois reprises.

En 1988, leur premier combat se solda par un match nul. Pongsiri remporta ensuite le deuxième affrontement, avant que Pairojnoi ne prenne sa revanche aux points l’année suivante.

Le 4 novembre 1988, au stadium du Lumpinee, la revanche entre Pongsiri et Pairojnoi atteignit une bourse record de 3 millions de bahts, une première dans l’histoire du Muay Thai.

Ce combat fut d’une intensité folle. Les deux combattants allèrent au bout d’eux-mêmes, tous deux ouverts au visage et ensanglantés, frôlant l’arrêt médical à plusieurs reprises. Ils se battirent pourtant jusqu’à la dernière minute du cinquième round, et Pongsiri remporta finalement le combat aux points. Les deux hommes terminèrent épuisés à l’hôpital.

Ce match exceptionnel fut élu « combat de l’année » et désigné comme le combat le plus dur des vingt dernières années, recevant même le surnom de « match du siècle ».

Au cours de sa carrière, Pongsiri a battu les meilleurs champions de sa catégorie, parmi lesquels Chainoy Muangsurin, Pichit Sitbangprajan, Morakot Sor Thamrangsee, Hippy Singmanee, Seksan Sitjomthong, Pairojnoi Sor Siamchay, Toto Por Pongsawang, Nungubon Sitlerdchai et Langsuan Phayutaphum.

Il a également vaincu des champions étrangers, dont le redoutable Hollandais Michael Lieuwfat, ainsi que les grands champions français Jaid Seddak et Khaled Hebieb.

Pongsiri met fin à sa carrière assez tôt, à l’âge de 25 ans, car il sortait blessé de presque chacun de ses combats et terminait fréquemment à l’hôpital. Il a subi plusieurs opérations importantes, notamment aux oreilles. Ses nombreux combats extrêmement durs ont malheureusement laissé de lourdes séquelles physiques.

Après avoir raccroché les gants, il se reconvertit en chanteur, interprétant pendant un temps des chansons folk dans les provinces thaïlandaises. Il continua toutefois à s’entraîner au Muay Thai et devint, durant une période, entraîneur au camp Muaythai Plaza à Bangkok.

Somrak Khamsing est né le 6 janvier 1973 à Non Sombun, dans la province de Khon Kaen, au nord-est de la Thaïlande.

Formé par son père, ancien boxeur, Somrak est issu d’une famille de boxeurs. Son grand frère, Somrot Khamsing (Pimalan Leksitalat), fut un grand champion, comptant parmi les meilleurs mondiaux de sa catégorie aussi bien en Muay Thai qu’en boxe anglaise. Il a notamment été champion d’Asie et quart de finaliste aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.

Somrak dispute son premier combat à l’âge de 7 ans. Il s’entraîne alors au camp Sor Kingstar à Khon Kaen, un camp qui formera plus tard la légende Seanchai.

À 11 ans, Somrak intègre le camp Sit Aran à Bangkok, une structure réputée ayant formé des champions tels que Soming, Pimthong, Tamrawee et Jocky Sitkanpai. À cette époque, son nom de combattant est Pimaranlek Sit Aran. Ce n’est que plus tard qu’il adoptera le nom de Somrak Khamsing, lorsqu’il se lancera en boxe anglaise.

Par la suite, Somrak représente pendant plusieurs années le célèbre Jocky Gym, avant de terminer sa carrière en Muay Thai au camp Kietpetch, dirigé par le promoteur du stadium du Lumpinee, Chun Kietpetch.

Somrak est resté longtemps numéro un en 126 lbs aux stadiums du Lumpinee et du Rajadamnern, sans toutefois avoir l’opportunité de combattre pour une ceinture dans l’un de ces prestigieux stadiums. Malgré cela, il a battu la quasi-totalité des grands champions de son époque.

Somrak Khamsing, parfois appelé Somluck Khamsing, est aujourd’hui une véritable légende vivante en Thaïlande. Son palmarès est tout simplement phénoménal, aussi bien en Muay Thai qu’en boxe anglaise, avec environ 300 combats en Muay Thai et 200 combats en boxe anglaise. Ses techniques de Muay Thai étaient spectaculaires, parfois très proches du Muay Boran.

En Muay Thai, Somrak a battu les plus grandes pointures de son époque, parmi lesquelles Chamophet Ha Phalang, Chatchanoy Chaoayroy, Changnoi Sirimongkon, Kukrit Sor Nayiam, Sakmongkol Sitchuchok, Boonlay Sor Thanikul, Panomrung Sit Sowapor, Suwitlek Sor Sakaorat (KO), Anantasak Phayutaphum et Namkabuan Nong Kee Pahuyuth.

En boxe anglaise, il devient le premier boxeur thaïlandais à remporter une médaille d’or aux Jeux Olympiques. À l’image du grand champion Samart Payakaroon, Somrak s’est également essayé au cinéma et à la chanson, ce qui a encore renforcé sa popularité dans son pays.

Somrak a ensuite fondé son propre camp dans le quartier de Bangkapi, le Somrak Gym, également connu sous le nom de Thor Thepsuthin Gym.

Silachai Wor Preecha, de son vrai nom Somjit Jongjorhor, est né le 19 janvier 1975 à Noansuwan, dans la province de Buriram, en Thaïlande.

Combattant extrêmement rapide des poings, Silachai était un Muay Mat (spécialiste des techniques de poings) d’exception. Il était surnommé « The Tornado Kid » (L’Enfant Tornade).

Il commence la boxe à l’âge de 8 ans et combat dans différents stadiums de sa ville natale sous le nom de « Kamsing Luk Kokrak ». Plus tard, il suit un voisin, boxeur plus âgé, dans la province de Chonburi. Il y rejoint l’équipe du célèbre boxeur Muangchon Jeeraphan, entraîneur de l’équipe Wor Preecha et promoteur au stadium du Rajadamnern.

Silachai combat ensuite sous le nom de Silachai Wor Preecha dans l’est du pays, de Bang Pakong à Chanthaburi et Trat, à plus de 50 reprises, avant de s’installer à Bangkok. Lors du tournoi « Champion de Chonburi », organisé par son mentor, il gagne définitivement le surnom de « Tornado Kid ».

En Muay Thai, il est classé numéro un du stadium du Lumpinee et du Rajadamnern en 108 lbs pendant une longue période, sans toutefois avoir l’opportunité de combattre pour une ceinture.

Silachai bat de nombreux champions de renom, dont Singhsumphan Kiatsinghnoi (à deux reprises), Panomrung Sit Sor War Por, Jaipetch Chor Chutisan, Pairojnoi Sor Siamchai, Samliam Singmanee, ainsi que bien d’autres.

Il s’oriente ensuite vers une carrière en boxe anglaise.

Lors des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, Silachai réalise son rêve en dominant le Cubain Andris Hernandez en finale et remporte la médaille d’or dans la catégorie des poids mouches (51 kg). Il devient alors un héros olympique et une figure emblématique en Thaïlande.

En 2003, lors de la finale des Championnats du monde de boxe amateur à Bangkok, il avait déjà battu le Français Jérôme Thomas, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques.

Aujourd’hui, Silachai est commentateur dans différentes émissions de télévision et instructeur principal au Centre de formation I.M.P. de l’Académie internationale de Muay Thai. Il est également un acteur reconnu, ayant tenu des dizaines de rôles dans des séries télévisées thaïlandaises.

Singdam Or Ukrit, de son vrai nom Somboon Yangsuprayot, surnommé Num, est né le 11 novembre 1974 à Amphoe Klaeng, dans la province de Rayong. Sixième d’une fratrie de huit enfants, il commence l’entraînement au Muay Thai à l’âge de neuf ans auprès de Kru Chan Fungfueng, son professeur et ancien combattant du camp Lueat Tawan Ok.

Il dispute une vingtaine de combats dans son quartier sous le nom de Saming Num Lueat Tawan Ok, avant de devenir Sing Num Sit Adam, se forgeant ainsi une solide réputation dans sa région.

Ses succès attirent l’attention de Wichit Phaianan, ancien champion de Muay Thai des années 1970 et 1980 et entraîneur renommé dans l’est du pays à cette époque. Wichit l’emmène alors s’entraîner au camp Luk Bang Plasroi, co-géré par Ukrit Tansawat, afin de combattre sous le nouveau nom de « Singdam Or Ukrit ».

Il fait ses débuts à Bangkok sous ce nom en mettant KO le légendaire Yokthai Sit Or (champion du Lumpinee et champion du monde WBA de boxe anglaise).

Lorsqu’il commence à combattre au stadium du Lumpinee, Singdam enchaîne 17 victoires consécutives.

En 1992, Singdam affronte le grand champion du Lumpinee Saenkrai Sit Kru Od, considéré comme l’un des meilleurs combattants de l’âge d’or du Muay Thai. Leur premier affrontement se solde par un match nul, avant que Singdam ne remporte la revanche.

La même année, il bat également les stars des rings Yodkhunpol Sittraiphum (champion du Lumpinee et du Rajadamnern), surnommé « Kran Sok 100 Khem » (le coup de coude aux cent points de suture), ainsi que le redoutable Duangsompong Por Pongsawang, surnommé « Khun Khao Kimlok » (le coup de genou de la pince coupante).

Singdam affronte alors les meilleurs boxeurs de la catégorie des moins de 54 kg. Son puissant et rapide coup de pied gauche lui vaut le surnom de « World Shocking Left Kicker » (le coup de pied gauche qui a choqué le monde).

En moins d’un an, les stars Weeraphon Sahaprom (champion du Rajadamnern, champion du monde WBC et WBA de boxe anglaise), Samson Isaan (champion du Rajadamnern et du Lumpinee), Silapthai Jockygym (champion du Rajadamnern) et Kaensak Sor Ploenchit (champion du Rajadamnern et du Lumpinee, Meilleur boxeur de l’année 1989 et 1990) s’inclinent toutes face à lui.

Son combat contre Kaensak Sor Ploenchit, le mardi 13 juillet 1993, est élu match de l’année 1993.

Singdam est alors considéré comme l’un des plus grands boxeurs poids coq de Thaïlande, bien qu’il n’ait jamais remporté le titre suprême.

Il dispute à deux reprises le titre du stadium du Lumpinee en 118 lbs face à Saenkrai Sit Kru Od, mais s’incline lors des deux tentatives. Au total, Singdam et Saenkrai se sont affrontés sept fois, avec quatre victoires pour Singdam, deux pour Saenkrai et un match nul.

Singdam a également battu de nombreux champions, parmi lesquels Rotnarong Daopadriew (champion du Rajadamnern), Dokmaipa Por Pongsawang (champion du Lumpinee), Chutin Por Tawachai (champion du Rajadamnern), Sibmuen Laemthong (champion du Lumpinee) et Sila Tor Bangsaen (champion d’Omnoi).

Après avoir raccroché les gants, Singdam épouse une femme originaire de la province de Chonburi, avec laquelle il a deux filles. Il part ensuite travailler comme entraîneur au Japon, avant de revenir en Thaïlande où il devient chauffeur municipal et ouvre un étal de fruits de mer sur un marché, tout en continuant à entraîner des combattants de Muay Thai dans différents camps de boxe.

Rambo Jiew Por Thapthim, surnommé « Rambo Korat », était connu pour son style agressif et offensif, très apprécié du public. De son vrai nom Prajak Baepkratok, il est né le 27 avril 1978 à Tambon Lung Fao, dans le village de Nong Bun Mak, province de Nakhon Ratchasima (surnommée Korat).

Rambo Jiew a représenté le camp de boxe Por Thapthim, un camp célèbre de Ban Nong Talumpuk, dans la province de Nakhon Ratchasima. Il a ensuite combattu sous le nom de Rambo Jiew Don Golf Service.

Son style de boxe était impressionnant, coups de poing puissants, coups de pied féroces, corps à corps précis et coups de genou efficaces. Il savait conquérir le cœur des fans grâce à son esprit combatif et son endurance exceptionnelle.

Il a affronté les plus grands boxeurs de son époque, tels que Saenchai Sor Kingstar, Issarasak Jor Ratchadakorn, Aomnoi Sakseepung, Thedkiet Sithepitak, Namsaknoi Yutthakarnkamthorn et Samkor Kietmontep.

Rambo Jiew a battu des légendes comme Kaolan Kaowichit, Mattee Jedipitak, Chatchai Phaisithong, Wangchannoi Sor Palangchai et Lamnamoon Sor Sumalee, ainsi que des champions tels que Mitthai Sor Sakulphan, Huatapan Sor Sumalee, Nakornchai Chonlompinyon, Teelak Por Samranchai, Pichitsak Saksaengmanee, Daoudon Sor Suchat et Wanpichit Ruamjaiphuen. Il a également fait match nul face à l’icône Saenchai Sor Kingstar.

Son combat contre la star Lamnamoon Sor Sumalee au stadium du Rajadamnern en 1997 fut élu « Meilleur combat du stadium du Rajadamnern », Rambo Jiew remportant la victoire aux points.

La revanche eut lieu en 1999 au stadium du Lumpinee, avec la ceinture du Lumpinee en 130 lbs en jeu, et cette fois Lamnamoon Sor Sumalee s’imposa.

En avril 2000, Rambo Jiew eut une nouvelle chance de décrocher le titre suprême, affrontant la terreur des rings de l’époque, Samkor Kietmontep, qui le battit pour la ceinture du Lumpinee en 130 lbs.

Bien qu’il n’ait jamais remporté de ceinture d’un grand stadium de Bangkok, il a tout de même remporté l’un des tournois les plus prestigieux du moment.

Le 13 septembre 1997, lors de la finale du troisième tournoi Mitsubishi Strada en 130 lbs, Rambo Jiew vainquit le redoutable Singhasarawat 13 Coins Tower.

Dans les années 2000, il affronta également de grands champions étrangers tels que Jean-Charles Skarbowsky (défaite) et Morad Sari (victoire).

Après sa carrière, Rambo Jiew passa quelques temps dans un monastère en tant que moine, puis devint agriculteur. Malheureusement, il sombra dans l’alcoolisme et succomba d’un cancer du foie en 2021…