ENTRETIEN AVEC ANTHONY DEFRETIN LE CRÉATEUR D’OPEN THE WAY, LE CONCEPT : UNE PERSONNALITÉ, UN CHAMPION, LE MUAY THAI !

ENTRETIEN AVEC ANTHONY DEFRETIN LE CRÉATEUR D’OPEN THE WAY, LE CONCEPT : UNE PERSONNALITÉ, UN CHAMPION, LE MUAY THAI !
by Serge TRÉFEU (2026)
Serge TRÉFEU :
Bonjour Anthony, comment as-tu découvert le Muay Thai ?
Anthony DEFRETIN :
Bonjour Serge. Alors, le Muay Thai, j’y suis tombé dedans quand j’étais petit. À la base, ce n’était pas un choix de ma part. C’est parce que mon grand frère voulait pratiquer ce sport que mon père lui a trouvé une salle pas loin de chez nous, la salle d’André Zeitoun. Il a donc commencé là-bas, et moi, j’ai suivi…

Vers quel âge as-tu donc débuté ce sport ?
À cinq ans, je mettais déjà les gants et, depuis, je n’ai jamais arrêté !



Tu t’es entraîné combien de temps chez Master Zeitoun ?
Jusqu’à l’âge de 14 ans. André Zeitoun m’a vraiment appris toutes les bases de ce sport, ainsi que l’esprit du Muay Thai
Tu as été dans un autre club ?
Ensuite, avec mon père, nous sommes allés au club Phénix Muay Thai, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris. C’est dans ce club que j’ai commencé mes premiers combats en assaut et que j’ai fait toute ma carrière de combattant


Tu continues à combattre ?
J’ai stoppé ma carrière l’année dernière. J’ai fait plein de combats, mais je n’ai jamais cherché à faire une grande carrière, c’était surtout pour le « kiff ». J’ai donc beaucoup combattu lors de galas.
J’ai participé plusieurs fois aux championnats de France, mais je n’ai pas eu de chance, car au cours de ma carrière, je me suis cassé la main à cinq reprises, dont une fois pendant les championnats de France. Malheureusement, j’ai été mal suivi pour ces fractures, et j’ai dû arrêter le Muay Thai plusieurs fois à cause de ces blessures…
Est-ce que tu as remporté des titres ?
Alors, je suis un grand « poissard » (rires). J’ai fait quatre fois les championnats de France en professionnel et j’ai toujours gagné mes demi-finales, mais malheureusement, à chaque fois, je me suis cassé la main. J’étais donc forfait pour disputer la finale.
Et le pire dans l’histoire, c’est qu’à chaque fois, les gars que j’avais battus sont devenus champions de France… Je crois que le titre de champion de France n’était pas fait pour moi (rires) !
Tu n’as pas gagné de titre de champion de France en Pro, mais en junior ?
Oui, j’ai été champion de France junior. Ensuite, chez les professionnels, j’ai combattu contre un Thaï au stadium du Radja à Bangkok pour le titre du stadium, lors d’un gala organisé par Jean-Charles Skarbowsky en 2016, mais je suis passé à côté du titre (défaite aux points). Cela reste malgré tout un super souvenir.
Sinon, j’ai remporté le tournoi Golden Fight en 2016



Combien de combats as-tu effectués dans ta carrière ?
Environ 39 combats



Tu as combattu plusieurs fois en Thaïlande ?
J’ai fait trois combats en Thaïlande. Ensuite, j’ai affronté cinq boxeurs thaïlandais en France. J’ai aussi combattu au Cambodge

Tu es souvent allé t’entraîner en Thaïlande ?
Oui, énormément. Je suis même resté un an en Thaïlande. Je m’entraînais au camp Teeded 99 à Bangkok, le camp de la star Lamnamoonlek. J’adore ce camp, c’est mon camp de cœur. J’ai combattu deux fois pour eux au stadium du Radja à Bangkok


Tu as fait d’autres camps de boxe en Thaïlande ?
J’aime bien aussi aller au camp Jacky Gym à Koh Samui. Chez eux, c’est vraiment la famille. Après, j’ai testé plein d’autres camps en faisant le tour de la Thaïlande, mais je n’y restais pas longtemps

Aujourd’hui, tu es devenu entraîneur de Muay Thai ?
Exactement. Mais je suis entraîneur depuis un moment déjà. Comme je me suis souvent cassé la main durant ma carrière, pour pallier ça, j’ai dû donner des cours. J’ai commencé à 21 ans comme entraîneur au club Phénix 13.
Ensuite, j’ai été entraîneur au Phénix de Vitry pendant cinq ans. En parallèle, j’étais entraîneur au CSPSE à Charenton. J’ai aussi participé aux débuts du club Cross Fight de Fernand Lopez, qui est aujourd’hui le MMA Factory, pendant deux ans.
Puis, j’ai donné des cours au Skarbowsky Gym pendant quatre ans
Tu vivais donc uniquement de la boxe en tant qu’entraîneur ?
Oui, je gagnais bien ma vie, mais malheureusement, donner des cours de boxe ne me permettait pas d’avoir des fiches de paie déclarées. À 25 ans, je galérais à trouver un appartement (rires).
Du coup, je me suis dit que je ne pouvais pas continuer comme ça. J’ai donc décidé de me trouver un vrai travail, j’ai suivi une formation et, aujourd’hui, je suis ingénieur 3D dans le bâtiment. Je dessine des plans en 3D et je suis à mon compte
Tu continues l’enseignement du Muay Thai ?
Oui. Comme je suis à mon compte, je peux adapter mes horaires. Aujourd’hui, je donne des cours au club de La Belle Équipe, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris
Comment t’est venue l’idée du concept « Open The Way » ?
Cela fait quelques années que j’y pense. Comme je passe tout mon temps libre à enseigner le Muay Thai, qui est une vraie passion, je me suis demandé pourquoi certaines personnes franchissent le pas pour s’entraîner dans un club, alors que d’autres n’osent pas ou ne connaissent pas ce sport.
Il y a encore des gens qui ont une mauvaise image de la boxe thaïlandaise.
J’ai donc réfléchi à la manière d’attirer un public qui ne connaît pas du tout ce sport, de lui faire découvrir et apprécier les valeurs du Muay Thai. J’en ai conclu qu’aujourd’hui, il faut forcément passer par les réseaux sociaux, c’est le seul moyen de toucher un public plus large.
Comme je donne aussi beaucoup de cours particuliers, notamment à des personnes issues d’autres disciplines sportives, j’ai pu observer à quel point notre discipline leur apporte énormément

Est-ce que tu donnes des cours à des personnalités ?
À la base, non. Mais c’est justement là que m’est venue l’idée du concept, donner des cours à des personnalités qui ne connaissent pas ce sport, car elles ont un public et des personnes qui les admirent. Je me suis donc dit que cela pouvait être intéressant de les faire pratiquer afin de toucher un public plus large

Donc le concept, c’est d’inviter une personnalité et de l’initier au Muay Thai ?
Oui, je lui apprends les bases du Muay Thai, je lui fais une petite initiation, puis, à travers une interview, je lui demande ce que cette expérience lui apporte, que ce soit dans son métier ou dans sa vie.
Je pense que c’est un excellent moyen de promouvoir le Muay Thai, inviter des personnes connues et diffuser le tout sous forme d’émission sur les réseaux sociaux

Tu as assez de temps pour leur apprendre les bases du Muay Thai ?
C’est justement ce qui fait le côté spectaculaire. Je leur apprends rapidement et je leur fais faire un petit combat, comme s’ils étaient de vrais boxeurs professionnels. L’objectif est vraiment de susciter l’intérêt du public pour cette discipline

Ce concept est vraiment très bien, mais comment vas-tu réussir à convaincre des personnalités de faire un cours de Muay Thai, un sport réputé assez dur ?
C’est là que réside la principale difficulté. J’ai commencé avec une danseuse très connue… et coup de chance, c’est ma sœur (rires).
Maintenant que l’émission est lancée, il faut que ça fonctionne sur YouTube, qu’il y ait beaucoup de vues et que cela donne envie à d’autres personnalités de venir tester le Muay Thai.
J’ai aussi une équipe, et nous démarchons énormément

Tu as tourné le premier épisode Open the Way, est-ce qu’un autre est en cours ?
On a déjà tourné le deuxième épisode, où j’ai réussi à convaincre une actrice et chanteuse très connue. C’est une surprise pour cet épisode !
En fait, votre concept peut aussi fonctionner par le bouche-à-oreille entre personnalités connues ?
On compte aussi un peu sur ça. L’actrice du deuxième épisode a adoré le concept et va en parler à ses contacts. Ensuite, dans le club de La Belle Équipe, on a la chance d’avoir aussi quelques personnalités qui viennent s’entraîner, donc on peut essayer de les convaincre de participer au projet
Le concept Open the Way ne sera diffusé que sur YouTube ?
On essaie de vendre le projet à de gros diffuseurs comme Sport en France ou RMC Sport. Le projet et le message sont plutôt nobles, mais ce n’est pas gagné…
C’est comme un combat de Muay Thai, ce n’est jamais gagné ?
Exactement (rires), et cela demande encore plus de travail !
Merci Anthony pour cette interview, et comme on dit entre passionnés de Muay Thai, Chookdee pour ton projet !
Merci beaucoup Serge





